02.09.1914: Jean tire sur un Aérostat | Jean Shoots at a Rigid | Jean beschießt ein Luftschiff

Transcription:
 

[P. 1]
2 septembre Terriblement travaillé
aujourd’hui. j’ai decide N.
à me conduire à Paris. je n’ai
pu ramener ma moto qu’un
me … [mots illisibles] mais
j’ai rapporté du linge de
l’argent et une boite de Nancy … [mot illisible]
je suis prêt maintenant à partir
en guerre. j’ai touché egalemnt
un veston de cuir, casque lunettes,
gants. J’ai été a la chasse au
Zeppelin hier avec 4 cartouches
mais il faisait nuit et ns
sommes revenus bredouille.
atterrissage ds la nuit [mots soulignés]. Pour

[P. 2]
finir consigne du Caudron aux
hangars en prévision d’une alerte
dormi assez mal sur la paille
mais pas courbature du tout-

 Jean continue le récit de ses jours d’ennui : parfois emmené comme passager, il semble s’accoutumer à « ne rien faire ». Il étudie les mitrailleuses et rêve de partir comme mitrailleur sur un « Dorant blindé ». Le 19 août, il espère avoir bientôt un appareil mais a peur de « ne pas aller au feu ». Il perçoit l’accélération du rythme de la guerre et note ses sentiments face aux morts, qualifiées parfois d’« idiotes » de camarades : 4 entre le 29 août et le 3 septembre, pour « chute d’avion ». A Bois d’Arcy les appareils font des essais de bombardement et de tir de mitrailleuses ; les « nouvelles désastreuses » parviennent de partout.

Le 1er septembre il relate que « depuis trois jours les appareils allemands nous font la nique au dessus [sic] de Paris / Chevillard et Verrier les ratent à qui mieux mieux ». Lors de sa première « chasse au Zeppelin » il découvre les difficultés des missions de nuit. La situation d’alerte persiste et se manifeste notamment avec la destruction projetée de l’aérodrome de Buc « au cas où les Allemands viendraient ». La France a subi de lourdes pertes lors de la « bataille des Frontières » (20-24 août). La bataille de la Marne, du 6 au 11 septembre, va permettre d’arrêter les Allemands.

Chaput setzt den Bericht über seine Tage der Langeweile fort: manchmal als Flugzeugpassagier mitgenommen, scheint er sich daran zu gewöhnen, „nichts zu tun“. Er studiert Maschinengewehre und träumt davon, Bordschütze einer „gepanzerten Dorant“ zu werden. Am 19. August hofft er, bald eine Maschine zu bekommen, hat aber Angst, „nicht zum Feuer zu kommen“. Er erfasst die Beschleunigung des Kriegsrhythmus und beschreibt seine Gedanken über den Tod von Kameraden. Vier Piloten sterben zwischen dem 29. August und 3. September auf eine – seiner Meinung nach – „idiotische“ Weise: durch Flugzeugabstürze. In Bois d’Arcy machen Flugzeuge Versuche mit Bombenabwürfen und Maschinengewehrfeuer; „Hiobsbotschaften“ kamen von überall.

Am 1. September berichtet Chaput, dass sich „seit drei Tagen die deutschen Maschinen über Paris über uns lustig machen / Chevillard und Verrier überboten sich darin, sie zu verfehlen“. Während seiner ersten „Zeppelin-Jagd“ erkennt er die Schwierigkeiten der Nacht-Missionen. Der Alarmzustand besteht weiter und manifestiert sich in der geplanten Zerstörung des Flugplatzes von Buc „für den Fall, dass die Deutschen kommen würden“. Frankreich erlitt durch die „Grenzschlachten“ (20.-24. August) schwere Verluste. Die Schlacht an der Marne vom 6. bis 11. September wird den deutschen Vormarsch aufhalten.

 

Transkription:
 

[S. 1]
2. September Arbeitete heute
schrecklich. Ich entschied, dass N.
mich nach Paris fährt. Ich konnte
mein Motorrad nicht herbringen
[unleserliche Worte] aber
ich nahm etwas Leinen,
Geld und eine Box aus Nancy … [unleserliches Wort]
Jetzt bin ich bereit, in den Krieg
zu gehen. Ich bekam auch eine Lederjacke, Helm, Brille,
Handschuhe. Gestern habe ich mit
4 Patronen ein Zeppelin gejagt,
aber es war dunkel und wir
kamen mit leeren Händen zurück.
Landung in der Nacht [unterstrichene Worte]. Schließlich

 
[S. 2]
ließen wir die Caudron im Flugzeug-Hangar und
– in Erwartung eines Alarms – schliefen schlecht,
aber ohne Erschöpfung im Stroh-

Chaput continues to write about his boring days: sometimes carried as passenger on a plane, he seems to get used to „have nothing to do.“ He studies machine-guns and dreams of working as a gunner of a „armoured Dorant“. The 19th August, he hopes to have a plane soon but is scared, not to „go to the fire“. He recognizes the acceleration of the rhythm of war and records his feelings on the death of comrades. Between the 29th of August and the 3rd of September, four pilots die, in his opinion, „in a stupid way”, because of „plane crashs”. In Bois d’Arcy the machines do bombardment and machines gun tests. „Disastrous news“ came from everywhere.

The 1st September, he reports that „since three days, the German machines above Paris make fun of us / Chevillard und Verrier are missing a great number of them.“ During his first „Zeppelin-hunt“ he points out the difficulties of night missions. The state of alert continues and becomes manifest in the plan to destroy the aerodrome of Buc „for the case, the Germans would come.“ France suffered great human losses due to the „Battle of the Frontiers“, which took place between the 20th and the 24th of August. The Battle of the Marne from 6th to 11th September will stop the German advance.

Transcription:
 

[P. 1]
September the 2nd Worked terribly
today. I decided N.
to drive me to Paris. I wasn’t
able to bring my motorbike
[illegible words] but
I took some linen,
money and a box from Nancy … [illegible word]
I’m ready now to go
to war. I also received
a leather jacket, helmet glasses,
gloves. Yesterday I hunted a
Zeppelin, with 4 cartridges,
but it was dark and we
came back empty-handed.
landing in the night [underlined words]. At

 
[P. 2]
the end we left the Caudron in the
aircraft hangarin anticipation of an alert.
slept poorly in the straw
but not exhausted at all-


Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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