03.04.1915: Jean participe à des réglages d’artillerie | Jean is Involved in Artillery Spotting | Jean betreibt Artilleriebeobachtung

Transcription:
 

[Enveloppe]
Envoi de J. Chaput
Pilote à l’escadrille C. 28.
Secteur postal 133

Mademoiselle J. Chaput
chez Madame Ravier [?]
13 rue de l’arsenal
Toulon
[Cachet postal, Trésor et postes / * 4 – 4 – 15 / *133*]

[page 1]
3 avril 1915

Ma chère Jeanne

J’ai reçu ta lettre recommandée
ainsi qu’un petit paquet contenant
des genouillères. Je t’en remercie, mais
cela fait actuellement la quatrième paire
et je ne me sers plus d’aucune.
Aussi je vais faire un de ces jours
un gros paquet pour te renvoyer
tous les effets chauds qui m’appartiennent
en propre car le gouvernement
nous en fournit en abondance.
Il ne s’est guère passé grand-chose.
Ici nous sommes toujours au même

[page 2]
endroit. Mon appareil va bien et le
moteur tourne comme un chronomètre.
Nous avons eu quelques distractions. Le jour
des Zeppelins on nous a réveillé d’urgence
et nous sommes partis à leur recherche
avant le jour. J’ai croisé pendant
deux heures, et j’ai été jusqu’à
Montdidier où j’ai atterri ainsi
qu’à Amiens. Naturellement je n’ai
rien vu, nous avions été prévenus bien
trop tard. Quelques jours après je
me promenais sur les lignes en essayant
de découvrir quelles étaient les batteries
qui tiraient sur avions. Probablement
les artilleurs boches s’en doutaient-ils,
car dans l’espace d’une demie heure
j’ai essuyé à moi tout seul

[page 3]
environ 160 schrapnels ; ils éclataient
tout autour de l’appareil. Ils
ont fait tant et si bien qu’une
ogive a traversé mon plan supérieur
à 1 m. 50 de la nacelle en faisant
une déchirure grande comme les deux mains.
Cela ne nous a pas empêchés de continuer
et mon observateur a réussi a
signaler quelques pièces. On a vivement
parlé de citations à l’ordre du jour de
la division. Mais je ne sais ce qu’il en
est advenu. Quelque jours après
je me suis amusé à lancer des bombes
sur les gares d’Achiet et de Bapaume.
Enfin, j’ai fait aussi une reconnaissance
d’armée que j’ai poussée presque
jusqu’à Cambrai. J’ai découvert

[page 4]
au cours de ce voyage qui a duré plus de
deux heures une escadrille d’avions
allemands à Hendécourt-lez-Cagnicourt ; il y avait 5 hangars
et j’ai vu trois appareils sur le terrain.
Je leur ai lâché une bombe pour leur
montrer qu’ils étaient repérés, mais
je n’ai aucune illusions sur leur résultat
de ce projectile qui, lâché de 2700 m,
ne pouvait toucher un but aussi restreint.
En revenant j’ai bombardé à nouveau
Bapaume et Achiet. A la suite de
cette reconnaissance j’ai du aller en
rendre compte moi-même à l’état
major et j’ai vu le général de Castelnau
qui m’a demandé mon nom.
On m’a posé la T.S.F. à bord.

[page 5]
Cela m’ennuie un peu parce que
cela alourdit l’appareil et puis je
vais être obligé de faire des réglages
d’artillerie, ce qui n’a rien de
folichon ; j’aime beaucoup mieux
les grandes reconnaissances, le
bombardement ou la chasse.
Enfin, grand événement : pour
fêter ma nomination de caporal
et pour montrer jusqu’à
quel point je moquais des galons
j’ai fait prendre des positions indécentes
à mon appareil en lui mettant les
les pattes en l’air ; pour finir
j’ai fait le looping complet au

[page 6]
grand scandale des officiers, car cela
n’est pas une chose très admise
dans l’armée. On ne m’a rien dit
cependant, mais il paraît que cela
a été le sujet des conversations de
plusieurs jours parmi les dirigeants de
l’escadrille. Le résultat le plus
positif a été pour moi la perte
d’une lampe électrique de poche
et du petit baromètre que Papa
m’avait donné et aussi d’une
burette car, mon coffre n’étant
pas fermé, il s’est vidé sur
ma figure quand tout était
la tête en bas ; aussi je me suis
retrouvé nageant au milieu d’une
quantité d’objets hétéroclites : compas,

[page 7]
trousse à outils, appareil photographique,
etc. J’ai rattrapé au vol le plus
précieux et le reste a disparu.
C’est moi qui ai été le premier de
l’escadrille à faire le looping mais
quelques jours après deux tentatives
ont été faites ; le marin Lallemand
l’a fait exécuté très correctement,
mais l’autre, Vandal, s’est emberlificoté
dans ses commandes quand il était
la tête en bas et il est lamentablement
retombé sur la queue. Nous sommes
cependant déjà en mesure de
faire de jolis petits numéros
d’ensemble à trois ou 4. On fera cela

[page 8]
un jour de revue, tous les vieux généraux
attraperont le torticolis. J’ai pris
part hier et avant-hier, avec le lieutenant Gambier comme passager, à des manifestations
d’ensemble au 11e corps. Plusieurs avions travaillant
simultanément pour régler le tir d’un
grand nombre de batteries. J’ai vu
de nouveau le général de Castelnau ; il
m’a serré la main et m’a dit de laisser
pousser ma moustache chose que je me suis
empressé de ne pas faire. Enfin comme
à cette réunion j’étais le seul Caudron
au milieu de toutes ces cages à poules de
Farman, je les ai tous affolés en leur
faisant une belle petite exhibition :
glissades sur l’aile, retournement, etc.
Il paraît que j’ai donné un battement
de cœur au général d’Ardes [?] qui est d’ailleurs
venu me féliciter après. Tu vois que tout
cela va à peu près.
Je t’embrasse tendrement. Jean.

A peine un mois après son arrivée au front, Jean est promu et cité pour la première fois. Nommé caporal le 20 mars, il réalise une reconnaissance, deux jours plus tard, avec le maréchal des logis Guy comme observateur. Parvenus à remplir leur mission sous le feu violent de la DCA allemande, l’équipage est cité à l’ordre de la 56e Division d’infanterie le 5 avril.

Aux missions de reconnaissance, chasse ou bombardement assurées par Jean, s’ajoute désormais celle du réglage du tir d’artillerie, suite à l’installation d’un poste de TSF (télégraphie sans fil) sur son appareil. Pendant les premiers mois de la guerre des moyens de communication rudimentaires entre l’avion et l’artillerie rendent ces missions relativement inefficaces. Des solutions ont été apportées grâce à la mise au point de procédés de transmission par radiotélégraphie depuis l’aéroplane, dont les premiers essais remontent en France à 1910, et l’adoption en novembre 1914 par le GQG d’un code de signaux télégraphiques dérivé du morse pour communiquer aves les régiments d’artillerie.

Dès lors, l’emploi de l’appui aérien pour ajuster et régler le tir de manière plus rapide et efficace se généralise. Ainsi, vers mars 1915 des avions équipés d’un poste de TSF sont présents sur tout le front. L’appareil, pesant environ 30 kg avec une antenne pouvant atteindre les 200 m, n’est qu’un émetteur utilisé par l’observateur pour transmettre ses informations à un poste d’écoute au sol, qu’un télégraphiste relaie ensuite aux batteries par téléphone. Dans le sens inverse, la communication est réalisée au moyen de panneaux en toile noire et blanche, posés au sol selon un code conventionnel et visibles depuis l’avion.

Plus tard, des améliorations techniques (comme l’alternateur qui a remplacé la batterie électrique, ou la lampe triode type TM) ont permis de réduire le poids et l’encombrement des postes de TSF, ainsi que d’augmenter la portée et la qualité des transmissions. Cela a permis d’accroître le nombre d’avions travaillant sur un même secteur sans brouillage des signaux et d’élargir l’usage de l’aviation de réglage à l’Artillerie Lourde à Grande Portée.

 Knapp einen Monat nach seiner Ankunft an der Front wurde Jean befördert und zum ersten Mal ehrenvoll erwähnt. Zwei Tage nach seiner Beförderung zum Gefreiten (caporal) am 20. März führte er mit Unteroffizier (maréchal des logis) Guy als Beobachter einen Aufklärungsflug durch. Am 5. April wurde die Besatzung ehrenvoll im Befehl der 56. Infanteriedivision erwähnt, da sie ihren Auftrag trotz heftigen Beschusses durch die deutsche Flugabwehr erfolgreich erfüllt hatte.

Nachdem sein Flugzeug mit Funktelegrafie ausgerüstet worden war, flog Jean nicht nur Aufklärungs-, Jagd- und Bombeneinsätze, sondern er unterstützte jetzt auch die Artillerie beim Einschießen. Während der ersten Kriegsmonate war dies aufgrund der rudimentären Kommunikation zwischen Flugzeug und Artillerie verhältnismäßig ineffektiv, doch mit der Entwicklung funktelegrafischer Verfahren für das Senden vom Flugzeug aus, die in Frankreich bereits seit 1910 erprobt wurden, sowie mit der Einführung telegrafischer Signale im November 1914 durch das französische Oberkommando (Grand Quartier Général), die sich am Morsealphabet orientierten und der Kommunikation mit den Artillerieregimentern dienten, wurde dieses Problem gelöst.

Danach dauerte es nicht lange, bis sich Luftunterstützung überall durchsetzte, um das Einschießen zu verkürzen und effektiver zu machen. So waren etwa im März 1915 Flugzeuge mit Funktelegrafie an der gesamten Front im Einsatz. Bei der ca. 30 kg schweren Ausstattung mit einer bis zu 200 m langen Antenne handelte es sich lediglich um einen Sender, mit dem der Beobachter seine Informationen an eine Bodenstation übermittelte, von wo sie ein Erdfunker per Telefon an die Stellungen weiterleitete. In umgekehrter Richtung funktionierte die Kommunikation mit schwarz oder weiß bespannten Tafeln, die für das Flugzeug als sichtbare Zeichen am Boden ausgelegt wurden.

Durch technische Weiterentwicklungen wie den Wechselstromgenerator, der die elektrische Batterie ablöste, oder die Dreielektrodenröhre in Armeeausführung konnten später Gewicht und Größe der Funktelegrafie-Geräte reduziert, die Anzahl der in ein und demselben Abschnitt sendenden Flugzeuge ohne Störung der Signale erhöht, die Übertragungsreichweite vergrößert und Flugzeuge auch für das Einschießen der schweren Artillerie großer Reichweite eingesetzt werden.

 
Transkription:
 

[Umschlag]
Feldpostsendung des J. Chaput
Pilot bei der Fliegerstaffel C 28
Postsektor 133

Fräulein J. Chaput
bei Madame Ravier [?]
13 rue de l’arsenal
Toulon

[Poststempel „Trésor et postes“ / * 4 – 4 – 15 / *133*]

[Seite 1]

April 1915

Meine liebe Jeanne,
ich habe Deinen Einschreibebrief und ein kleines Paket mit Kniewärmern erhalten. Ich danke Dir dafür, auch wenn es nunmehr das vierte Paar ist und ich keins davon mehr trage. In den nächsten Tagen werde ich ein großes Paket fertig machen und Dir meine persönliche warme Kleidung zuschicken, da wir von der Regierung zur Genüge erhalten. Hier ist nicht viel passiert. Wir sind immer noch am selben

[Seite 2] Ort. Meiner Maschine geht es gut, und der Motor läuft wie ein Uhrwerk. Wir haben einige Vergnügungen gehabt. An dem Tag, an dem
die Zeppeline gemeldet wurden, hat man uns in aller Eile geweckt, und wir sind noch vor dem Morgengrauen los, um sie zu suchen. Zwei Stunden lang bin ich gekreist und dabei bis Montdidier geflogen, wo ich, wie auch in Amiens, gelandet bin. Natürlich habe ich nichts gesehen, dazu waren wir viel zu spät benachrichtigt worden. Ein paar Tage später habe ich mich in den Linien umgesehen und versucht, herauszufinden, welche Batterien auf Flugzeuge schossen. Vermutlich hatten die Artilleristen der Boches damit gerechnet, denn innerhalb einer halben Stunde habe ich alleine

[Seite 3] etwa 160 Schrapnells abbekommen; sie explodierten um die ganze Maschine herum. Sie haben so viele verschossen, und so treffsicher, dass ein Geschoss 1,50 m von der Gondel entfernt einen zwei Hände breiten Riss in mein Oberdeck geschlagen hat. Das hat uns aber nicht davon abgehalten weiterzumachen, und meinem Beobachter ist es gelungen, einige Geschützstellungen zu melden. Wir haben uns lebhaft vorgestellt, wie uns eine ehrenvolle Erwähnung im Tagesbefehl der Division zuteilwird. Aber ich weiß nicht, was daraus geworden ist. Einige Tage später habe ich mir die Zeit damit vertrieben, Bomben über den Bahnhöfen von Achiet und Bapaume abzuwerfen. Und dann habe ich auch noch einen Fernaufklärungsflug, bei dem ich fast bis nach Cambrai vorgestoßen bin, gemacht. Während dieses

[Seite 4] Flugs, der mehr als zwei Stunden gedauert hat, habe ich eine deutsche Fliegerstaffel in Hendécourt-lez-Cagnicourt ausgemacht; es waren fünf Hangars, und drei Maschinen habe ich am Boden erkannt. Ich habe eine Bombe über ihnen abgeworfen, um ihnen zu zeigen, dass ich sie entdeckt hatte, aber ich mache mir nichts vor, denn dieses Geschoss, abgeworfen aus 2700 Metern Höhe, konnte ein so kleines Ziel nicht getroffen haben. Auf dem Rückflug habe ich Bapaume und Achiet erneut bombardiert. Im Anschluss an diesen Aufklärungsflug musste ich der Führung persönlich melden. Ich habe General de Castelnau gesehen, und er hat mich nach meinem Namen gefragt. Ich habe jetzt Funktelegrafie an Bord.

[Seite 5] Ich bin nicht sehr erfreut darüber, weil es die Maschine schwerer macht und ich dann auch zum Einschießen der Artillerie eingesetzt werde, was alles andere als eine angenehme Sache ist; ich finde eher Gefallen an großen Aufklärungsflügen, am Bombardieren oder Jagdfliegen.
Dann das große Ereignis: Zur Feier meiner Ernennung zum Gefreiten (caporal), und um zu zeigen, wie wenig ich auf die Streifen gab, habe ich meine Maschine mit den Rädern nach oben in ungehörige Fluglagen gebracht; zum Schluss habe ich einen vollständigen Looping gemacht,

[Seite 6] zur Empörung der Offiziere, weil das in der Armee nur ungern gesehen wird. Zwar hat mir gegenüber niemand ein Wort darüber verloren, aber angeblich war es über mehrere Tage hinweg Gesprächsthema bei der Staffelführung. Was ich mit Gewissheit zu den Folgen sagen kann, ist, dass ich eine elektrische Taschenlampe und das kleine Barometer, das Papa mir gegeben hat, sowie ein Ölkännchen verloren habe, da meine Transportkiste nicht verschlossen war und sie sich, als alles auf dem Kopf stand, in mein Gesicht entleert hat, so dass ich mich inmitten eines Sammelsuriums unterschiedlichster Gegenstände schwimmend wiederfand: Kompass,

[Seite 7] Werkzeugtasche, Fotoapparat usw. Das Wertvollste habe ich während des Fluges aufgefangen, alles andere ist weg. Ich war der erste in der Staffel, der einen Looping gemacht hat, aber wenige Tage später haben es zwei andere versucht: Lallemand von der Marine hat ihn sehr korrekt durchgeführt, aber der andere, Vandal, hat sich, als er auf dem Kopf stand, bei den Steuerbewegungen vertan und ist jämmerlich auf den Schwanz gefallen. Wir können aber schon einige tolle kleine Figuren zu dritt oder zu viert fliegen. Das werden wir

[Seite 8] einmal bei einer Parade zeigen, und dann werden die ganzen alten Generale einen steifen Hals bekommen. Gestern und vorgestern habe ich mit Oberleutnant (Lieutenant) Gambier als Passagier an Vorführungen des 11. Korps (11e corps) teilgenommen. Mehrere Flugzeuge sind zum Einschießen zahlreicher Batterien gleichzeitig geflogen. Ich habe General de Castelnau erneut gesehen; er hat mir die Hand geschüttelt und mir gesagt, dass ich meinen Schnurrbart wachsen lassen soll, was ich tunlichst zu vermeiden gedenke. Da ich bei dieser Zusammenkunft der einzige Caudron inmitten dieser ganzen Hühner-Häuser von Farman war, habe ich ihnen eine wundervolle kleine Vorführung dargeboten, mit der ich sie alle in Angst und Schrecken versetzt habe: Seitengleitflug, Abschwung usw. Allem Anschein nach habe ich das Herz von General Ardes [?], der im Anschluss sogar zu mir gekommen ist und mich beglückwünscht hat, zum Klopfen gebracht. Du siehst also, alles in allem geht es mir ganz gut.

Sei herzlichst gegrüßt und geküsst Jean

Barely one month after arriving at the front, Jean was promoted and mentioned for the first time.
Appointed corporal on 20 March, he made a reconnaissance, two days later with Sergeant Guy as observer. Managing to fulfil their mission under heavy fire from the German anti-aircraft defence service, the crew is mentioned in dispatches of the 56th Infantry Division on 5 April.

Added to the reconnaissance, combat and bombing missions carried out by Jean came the artillery-spotting mission, following the installation of a wireless telegraphy unit on his machine. During the first months of the war the rudimentary means of communication between aeroplane and artillery made these missions relatively ineffectual. Solutions were introduced as a result of perfecting radiotelegraphy transmission processes from the aeroplane, the first trials of which in France dated back to 1910, and in November 1914 the GHQ adopting a telegraphic signal code based on Morse to communicate with artillery regiments.

From then on, the use of aerial support to adjust and modify aim more quickly and efficiently spread. In this way, in around March 1915 aeroplanes fitted with a wireless unit were found all along the front. The device, weighing about 30 kg with an aerial reaching 200 m, is only a transmitter used by the observer to transmit information to a receiver station on the ground, that a telegraph operator then relayed to the batteries by telephone. In reverse, communication was carried out using panels of black and white canvas, placed on the ground following a standard code, visible from the aeroplane.

Later, technical improvements (like the alternator which replaced the electric battery, or the TM type triode lamp) made it possible to reduce the weight and bulk of the wireless units, as well as increasing the range and quality of transmissions. This made it possible to increase the number of aeroplanes working in the same sector without signal interference and to expand the use of aviation for improving the accuracy of Long Range Heavy Artillery.

 
Transcription:
 

[Envelope]
J. Chaput dispatch
Pilot in Squadron C.28
Postal Sector 123

Mademoiselle J. Chaput
c/o Madame Ravier
13 rue de l’arsenal
Toulon
[Postmarked, Trésor et postes / * 4 – 4 – 15 / *133*]

(page 1)
3 April 1915
My dear Jeanne
I received your registered letter
as well as a little parcel of knee-pads.
Thank you, but that’s actually the fourth pair now
and I don’t use any of them.
So one of these days I’ll make a large parcel to send you back
all the warm clothes that belong to me
as the government supplies us with them in plenty.
Nothing much has happened.
Here we are still in the same

(page 2)
place. My flying machine is well and the
engine is working like clockwork.
We have had a bit of entertainment. The day
of the Zeppelins we were woken up with great urgency
and set off to find them before daylight.
I cruised for two hours, and got as far as
Montdidier where I landed as well as
Amiens. Of course I didn’t
see anything, we were warned much
too late. A few days afterwards I
was exploring on the lines trying
to find out what the artillery batteries were
which were firing at the aeroplanes. Probably
the Boche gunners knew this,
as in the space of half an hour
I endured

(page 3)
about 160 pieces of shrapnel; they exploded
all round the aeroplane. They did their job so well
that a bullet went through my upper wing,
1.50 from the nacelle making a tear as big as two hands.
It didn’t stop us from carrying on
and my observer managed to
report some elements. We talked intensely
of the division’s mentions in dispatches. But I don’t know what
came of that. A few days later
I had fun throwing bombs
on Achiet and Bapaume stations.
Finally, I did army
reconnaissance which I pushed nearly
as far as Cambrai. I discovered

(page 4)
on this sortie which lasted over
two hours a squadron of German
aeroplanes in Hendécourt-lez-Cagnicourt; there were 5 hangars
and I saw three machines on the ground.
I let them have a bomb to show them
they’d been spotted, but
I have no illusions about
this projectile which, dropped from 2,700m,
could not touch such a limited target.
Coming back I again bombed
Bapaume and Achiet. After this
reconnaissance I had to go and report to the general staff
myself and I saw General de Castelnau
who asked me my name.
They put wireless telegraphy on board

(page 5)
Which bothered me a bit because
it weighs down the aeroplane and I’ll also
have to make artillery adjustments, which is not a
bundle of laughs at all; I much prefer big reconnaissance,
bombing or air to air combat.
Lastly, big event: to
celebrate my nomination to corporal
and to show how little I care about stripes
I put my machine into indecent positions
by putting its wheels in the air; to finish off
I did a full loop

(page 6)
to the officers’ great indignation, as that
is not something that’s very accepted
in the army. No one said anything to me about it
however, but it seems it was the
subject of conversation for
several days among the squadron
leaders. The most positive
result for me was the loss
of a flashlight
and a barometer that Papa
had given me and an oilcan
as well as my trap
wasn’t closed, it emptied on to
my face when everything was
upside down; so I found myself
swimming amid quantities of assorted objects: a compass,

(page 7)
toolkit, camera
and so forth. I caught the most valuable
in flight and the rest disappeared.
I was the first of the squadron to
loop the loop but
a few days later two other attempts
were made; Lallemand the sailor
did performed it very properly,
but the other, Vandal, got tangled up
in his controls when he was
upside down and he fell
dismally on his tail. We are
however already able to
do pretty little manoeuvres
in formation, 3 or four of us. We’ll do that

(page 8)
on a parade day, all the old generals
will get a crick in their necks. I took part
yesterday and the day before yesterday, with lieutenant Gambier as passenger, in 11th corps
group shows. Several aeroplanes working
simultaneously to adjust the aim of
a great number of artillery guns. I saw
General de Castelnau again; he
shook my hand and told me to let
my moustache grow something that I
am keen not to do. Lastly as
in this meeting I was the only Caudron
among all these Farman chicken
coops, I threw them all into a panic by
giving them a beautiful little exhibition:
sideslip, wingover etc.
It seems that I made
General d’Ardes (?)’ heart skip a beat who came
to congratulate me afterwards. You can see that all
this is more or less fine.
Fondest love.
Jean.


Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

More Information|Mehr Informationen|plus d'informations
Jean Chaput