15.06.1915 Une innovation déterminante pour l’aviation de chasse | A Major Breakthrough for Fighter Aircrafts | Eine wichtige Innovation in der Jagdfliegerei

 

Depuis deux mois, Jean ne cache plus son désir de piloter un avion « comme celui de Garros ». L’aviateur français Roland Garros avait en effet participé avec l’ingénieur Raymond Saulnier au développement d’un brevet qui allait donner naissance aux appareils de chasse : le tir synchronisé à travers l’hélice. Si le premier système de simple synchronisation entre le tir de la mitrailleuse et la position de l’hélice est peu fiable, le deuxième système qui ajoute des déflecteurs blindés à l’hélice, déviant les balles qui l’auraient traversée, s’avère très concluant. Ce dispositif permet surtout au pilote, seul, de viser en pointant simplement l’avion, comme on peut se le représenter d’après cette photographie de l’As Eugène Gilbert dans un Morane-Saulnier N équipé du dispositif de tir synchronisé. R. Garros remporte trois victoires entre le 1er et le 18 avril 1915 sur un Morane-Saulnier L ainsi équipé ; on peut juger de l’éclat de cette réussite évoquée par Jean une dizaine de jours plus tard. L’avantage de ce brevet est immédiatement perdu lorsque l’appareil de Garros est abattu le 19 avril par les Allemands qui peuvent alors examiner le dispositif.

Seit zwei Monaten äußerte Jean offen den Wunsch, ein Flugzeug „wie das von Garros“ fliegen zu wollen. Der französische Flieger Roland Garros hatte nämlich gemeinsam mit dem Ingenieur Raymond Saulnier ein Patent entwickelt, das die Jagdfliegerei revolutionieren sollte: das synchronisierte Schießen durch den Propellerkreis. Auch wenn das erste System, das aus einer einfachen Synchronisierung zwischen dem Schießen des Maschinengewehrs und der Stellung des Propellerkreises bestand, nicht sehr zuverlässig war, so erwies sich das zweite System, bei dem der Propeller mit Ablenkblechen versehen wurde, welche die Geschosse, die ihn durchbohrt hätten, ablenken sollten, als überzeugend. Mit Hilfe dieser Vorrichtung konnte der Pilot ohne Begleiter zielen, indem er das Flugzeug einfach auf das Ziel richtete. Das nachfolgende Foto des Fliegerasses Eugène Gilbert in einer mit einem synchronisierten Maschinengewehr ausgerüsteten Morane-Saulnier N veranschaulicht dies sehr gut. Roland Garros erzielte mit einer solchen Morane-Saulnier L drei Abschüsse zwischen dem 1. und 18. April 1915. Man kann sich vorstellen, mit welcher Begeisterung dieser Erfolg aufgenommen wurde, als Jean etwa zehn Tage später davon sprach. Der Vorteil dieses Patents wurde jedoch in dem Moment zunichte gemacht, als die Maschine von Garros am 19. April von den Deutschen abgeschossen wurde und diese nun die Möglichkeit hatten, das System zu untersuchen.

For two months, Jean has been making it very clear how much he wanted a plane similar to that of Garros ”. The French pilote Roland Garros had indeed contributed, alongside with the engineer Raymond Saulnier, to developing a patent that was going to give birth to fighter aircrafts : fire through the propeller. Although the first attempt at synchronizing machine gun fire and the position of the propeller was not reliable, a successful device was invented consisting of wedges deflecting the bullets that might damage the propeller. The pilote, alone in the aircraft, is thus enabled to aim by simply pointing the plane, as shown on this picture of the famous pilote Eugène Gilbert in an Morane Saulnier equipped with a synchronize machine gun. Roland Garros won three fights between April 1st and 18th onboard such a plane; one can see how fast the feat, mentioned by Chaput a week later, spread. However, the advantage thus gained over the enemy was immediately lost when Garros’ plane was brought down by the Germans who could explore the new device.


Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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