18.08.1914: Jean arrive à Saint-Cyr | Jean kommt in Saint-Cyr an | Jean Arrives at Saint-Cyr

Transcription:
 

[P. 1]
18 aout 1914 [mots soulignés]

– Suis arrivé à St Cyr en auto
avec P S. Étaient venu avec
nous les époux N. Le mari nous
a invité à déjeuner et sur
la route en auto j’embrassais sa
femme derrière son dos ; c’était très
sportif. [mots raturés] à ce point
de vue spécial. Je regrette d’être
parti. la jolie Susanne était
toute prête à tomber. C’est Pierre [mot souligné] qui
en profitera … facilement.

Arrive à St Cyr. [mot raturé] ma journée
s’est passée à m’habiller puis
pour prendre de suite de bonnes habitudes
je suis parti à pied pour Marly
de braves gens m’ont repeché sur la route
en auto

 
[P. 2]
cela m’a évité 8 km à pied
et j’ai passé la nuit chez cette brave Mme Mathieu qui m’a reçue
à bras ouverts comme une vraie grand’mère
pauvre femme.

Conduit au Camp de St-Cyr par les époux N., Jean Chaput jette sur son carnet, au crayon, ses impressions sur le trajet, les protagonistes de ce voyage et son emploi du temps. Il se montre fougueux, espiègle, un peu cynique et n’apparaît pas préoccupé par la guerre. Athlète, il utilise la métaphore sportive au sujet de ses exploits avec la femme du conducteur ! L’après-midi de sa première journée est occupée dans les tâches administratives telles que remplir des formulaires, s’habiller, se loger. D’après des sources contemporaines, le centre de St-Cyr, accueillant de nombreuses recrues en ce début de guerre, est en totale désorganisation. Aussi, Jean profite de cette situation pour marcher jusqu’à la ville de Marly, distante de quelques kilomètres, et trouve hébergement pour la nuit.

  Nachdem Jean Chaput vom Ehepaar N. mit dem Auto am Lager Saint-Cyr abgesetzt wurde, macht er in seinem Tagebuch mit Bleistift einige Notizen über die Fahrt, die Mitreisenden und seinen Tagesablauf. Er gibt sich draufgängerisch, schalkhaft und ein bisschen zynisch und scheint unbeeindruckt vom Krieg zu sein. Als Sportler sieht er seine Erfolge bei der Frau des Fahrers wie eine sportliche Leistung! Der Nachmittag seines ersten Tages ist angefüllt mit administrativen Aufgaben wie dem Ausfüllen von Formularen, der Einkleidung und der Unterbringung. Aus zeitgenössischen Quellen geht hervor, dass die Aufnahme der zahlreichen Rekruten im Fliegerzentrum Saint-Cyr zu Anfang des Krieges vollkommen ungeordnet abläuft. Daher macht sich Jean Chaput diese Situation zunutze und geht zu Fuß in die einige Kilometer entfernt liegende Stadt Marly, wo er eine Unterkunft für die Nacht findet.

 
Transkription:
 

[S. 1]
18. August 1914 [unterstrichen]

Bin mit P S in Saint-Cyr im Auto angekommen.
Mit uns gekommen war
das Ehepaar N. Der Mann hat uns
zum Essen eingeladen und
unterwegs im Auto habe ich hinter seinem
Rücken seine Frau geküsst; das war
sehr sportlich. [Durchgestrichene Wörter] unter
diesem besonderen Gesichtspunkt.
Ich bedauere, dass ich weg bin.
Die hübsche Susanne hatte ich schon
so weit. Für Pierre [unterstrichen] wird
es jetzt ein Leichtes mit ihr sein …

Angekommen in Saint-Cyr. [Durchgestrichenes Wort] mein Tag
verging mit Einkleiden, dann bin ich,
um es gleich richtig zu machen,
nach Marly marschiert,
nette Leute haben mich auf der Straße mit dem Auto
aufgelesen,

 
[S. 1]
das hat mir acht Kilometer zu Fuß erspart
und ich habe die Nacht bei dieser netten Frau Mathieu verbracht,
die mich mit offenen Armen empfangen hat wie eine richtige Großmutter,
arme Frau.

  Driven by car to the St-Cyr military camp by a couple (the Ns), Jean Chaput quickly writes with his pencil in his diary a few notes about the trip, the other protagonists and his schedule. Roguish, playful and a little bit cynic, he does not look to be worried by the war. As a sportsman, he tends to compare (through the use of metaphor) his exploits with Madame N with sporting achievement! No wonder that his first afternoon in Saint-Cyr is spent in administrative and logistics tasks: to sign up papers, to dress up, to find a place for the night. From other sources we know that this center, at this very time, was totally disorganized. So, he takes advantage of the situation and walks to the city of Marly, 8 km from St-Cyr and finds accommodation for the night at Madame Mathieu’s place.
 

Transcription:
 

[P. 1]
The 18th August 1914 [underlined words]

I arrived in St-Cyr by car
together with P S. With us was
the couple N. The husband has
invited us to have lunch together and during
the ride I kissed his wife behind his back; it was a real
sport. [crossed words] from this special point of view.
I regret to have left. The pretty Susanne was
ready to fall. It is Pierre who will
take all the benefits… easily.
In St-Cyr now. [crossed words] My whole day
was spent with investiture; then,
to immediately come back to the good habits
I walked down to Marly.
Some kind people gave me a ride on my way back

 
[P. 2]
which saved me to walk 8 km.
I slept at this lovely Mme Mathieu’s,
who welcomed me warmly like a real grandmother,
poor woman.


Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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