27.04.1915 Jean demande un avion de chasse | Jean asks for a fighter plane | Jean fordert ein Jagdflugzeug

Transcription:
[Enveloppe]
Envoi de J. Chaput
Pilote à l’escadrille C. 28
Secteur postal 133

Mademoiselle J. Chaput
21 avenue d’Eylau
[Cachet postal, Trésor et Postes / *28-4-15 / *133*]
[Cachet militaire, * Aviation militaire * Escadrille 28 / Le Capitaine Commandant]
Paris

[page 1]
27 avril 1915

Ma chère Jeanne

Il paraît que tu te plains auprès de
Tante Gabrielle que je ne t’écris pas
assez souvent. Je t’écris quand je
peux. J’ajouterai que le peu d’empressement
que tu mets à me répondre ne fait
rien pour me stimuler. Et puis tu
pourrais bien me faire tes reproches
directement sans mettre [illisible]
personnes dans la combinaison.
Ceci dit, il paraît que Papa a été
très souffrant ; que tu es rentrée


[page 2]
à Paris précipitamment, que tu es
partie à Tonnerre. J’ai eu l’air
idiot quand j’ai appris tout cela
car je n’en savais rien. Enfin,
heureusement il paraît que Papa
va mieux. Aussi je ne m’inquiète pas
autrement.
Nous sommes toujours au même
endroit dans un adorable coin de
verdure ; l’allée qui mène au terrain
en plein bois devient magnifique ; il
y a des fleurs partout, coucous,
violettes et anémones ; le muguet va
fleurir ; c’est un enchantement.
J’ai toute une série de photos que je
t’enverrai si tu es sage, j’en ai pris

[page 3]
d’Albert en ruines, j’ai des photos de
tranchées, etc., le tout pris en l’air, tout
près du sol. A propos de photos si tu es
à Paris va donc au magasin de
Kodak av. Victor Hugo réclamer les
agrandissements que j’ai commandé,
aussi que mes clichés. Ce sont des vieux
d’Avord, mais ils sont forts beaux et
ce n’est pas la peine de leur en faire
cadeau. De toute façon ils ne sont pas
payés, ils devaient les envoyer à la maison.
La vie se continue pareille ici. Depuis
quelque temps il pleut et fait du vent.
Aussi nous sommes moins surmenés
qu’avant, mais à la moindre éclaircie

[page 4]
on en profite pour faire des reconnaissances
ou réglages d’artillerie. Les boches
nous en veulent de plus en plus
et à la moindre sortie nous sommes salués
par quelque 2 ou 300 coups de canon,
quelquefois plus, mais sans plus de
résultat qu’avant. Mon appareil commence
à ressembler à une écumoire et a
déjà une vingtaine de trous de
balle ou d’éclats d’obus. Le dernier
éclat est venu frapper dans le coffre
en aluminium qui est juste derrière
moi ; il l’a crevé et s’est arrêté dans
des vêtements de rechange que j’y avais
placés. Je l’ai retrouvé dans mon

[page 5]
bonnet de police. Je le garde précieusement.
J’ai de nouveau été bombarder la gare
de Bapaume ; mes obus sont tombés sur
les voies. Enfin dernièrement j’ai
donné la chasse à un Taube. Je
l’ai poursuivi jusqu’à Amiens et
nous avons échangé un nombre
considérable de coups de fusil jusqu’à
épuisement des munitions pour
ma part. Cette chasse s’est déroulée
à 3 300 mètres au dessus d’Amiens,
j’étais le seul à bord. Il a réussi à
prendre la fuite étant plus rapide
que moi ; il m’a fait deux trous
de balle dans les plans et je rageais

[page 6]
de ne plus avoir une seule cartouche
pour riposter. Pour m’occuper pendant
cette poursuite je l’ai pris en photo
deux fois, mais cela n’a rien donné,
il y avait trop de lumière à cette
hauteur. A la suite de cette chasse,
le capitaine a demandé un appareil
rapide de chasse, un Morane dans le
genre de celui de Garros pour mon
usage exclusif à l’escadrille. J’espère
que cela va aboutir car il y a longtemps
que je désire en avoir un.
L’escadrille vient de recevoir du
renfort ; deux appareils Voisin,
d’énormes machines de 140 HP.
Ils sont arrivés avec leurs pilotes, l’un

[page 7]
d’eux un camarade d’Avord. Les
Voisins viennent pour faire des
expériences de bombardement avec des
obus à l’oxygène liquide. C’est le
lieutenant Claude, l’inventeur de
ces bombes, qui dirige ces essais lui-même.
Cela nous fait neuf appareils et
huit pilotes maintenant, et si le
Morane vient cela fera 10 appareils.
Tu vois que l’escadrille remonte
et nous allons pouvoir faire tous
les travaux possibles et imaginables :
reconnaissance, réglage par TSF,
bombardement ordinaire et à l’oxygène
liquide, chasse, etc. C’est extrêmement
intéressant et je pense que notre escadrille
pourra faire parler d’elle d’ici quelque temps.
Je t’embrasse tendrement ainsi que Papa.
Jean.

[page 8]
Je vais faire un envoi à Paris
de tous les vêtements chauds que
j’ai en trop : combinaison fourrée,
caleçons, etc.

 

D’après une lettre que Jean adresse à son père quelques jours plus tôt, pendant le mois d’avril le lieutenant Gambier est affecté définitivement pour faire équipe avec lui comme observateur.
Suite à un combat avec un appareil ennemi, le commandant de l’escadrille C 28 fait une demande afin que Jean reçoive un avion « dans le genre de celui de Garros », c’est-à-dire un Morane-Saulnier type L. Ce monoplan, initialement employé pour la reconnaissance et le réglage du tir, est adopté par plusieurs escadrilles dès le début de 1915 comme appareil de chasse en raison de sa légèreté, qui lui donne vitesse et manœuvrabilité, et de son aile en position surélevée qui favorise la visibilité des équipages
Jean reçoit ainsi un Morane-Saulnier type L monoplace au début du mois de mai, mais celui-ci est substitué quelques jours plus tard par un modèle biplace. Bien qu’un séjour avec les pilotes de l’escadrille C 23 avait été prévu pour qu’il s’entraîne à voler sur cet appareil, qu’il juge « très délicat à piloter », Jean décide de s’envoler tout seul dès que son avion est monté, recevant les félicitations de son commandant. Au début du mois de juin, son appareil est enfin équipé d’une mitrailleuse tirant à travers le champ de l’hélice.
Dès lors, Jean assure un double service au sein de son escadrille, comme il précise sur son carnet le 8 juillet : « J’ai un appareil d’arme, sur lequel je fais le travail régulier qui me revient à l’escadrille, et j’ai en plus mon pur sang avec lequel je ne suis jamais commandé de sortir – de sorte que je fais ce qu’il me plaît, quand je veux, et comme il me convient. Il est armé d’une mitrailleuse (il n’y a pas longtemps) que j’ai montée à mon idée, et j’emmène les passagers qui me plaisent, mon mécanicien en général. »

Einem Schreiben zufolge, das Jean einige Tage zuvor an seinen Vater gerichtet hat, wurde Oberleutnant (lieutenant) Gambier im April endgültig dazu eingeteilt, mit ihm als Beobachter zusammenzuarbeiten.

Nach einem Kampf mit einer Feindmaschine forderte der Führer der Fliegerstaffel C 28 für Jean ein Flugzeug an „wie das von Garros“, also eine Morane-Saulnier L. Dieser zunächst als Aufklärer und für das Einschießen eingesetzte Eindecker wurde ab Anfang 1915 wegen seines geringen Gewichts, das ihn schnell und wendig machte, und seiner erhöhten Tragfläche, welche eine verbesserte Sicht der Besatzungen ermöglichte, von mehreren Staffeln als Jagdflugzeug verwendet.

Jean erhielt so Anfang Mai eine einsitzige Morane-Saulnier L, die jedoch einige Tage später durch ein zweisitziges Modell ersetzt wurde. Obwohl ein Aufenthalt mit den Piloten der Fliegerstaffel C 23 vorgesehen war, damit er das Fliegen auf dieser Maschine üben konnte, die seiner Meinung nach „sehr schwer zu steuern“ war, beschloss Jean, nach dem Zusammenbau seines Flugzeugs ganz alleine zu starten, und wurde dafür von seinem Staffelführer belobigt. Anfang Juni erhielt sein Flugzeug endlich ein Maschinengewehr, das durch den Propellerkreis feuern konnte.

Von da an erfüllte Jean in seiner Staffel einen doppelten Dienst, wie seinen Aufzeichnungen vom 08. Juli zu entnehmen ist: „Ich habe eine bewaffnete Maschine, auf der ich meine normale Arbeit in der Staffel verrichte, und ich habe außerdem meinen Vollblüter, und keiner befiehlt mir einen Einsatz damit, so dass ich machen kann, was mir gefällt, wann ich will und wie ich es möchte. Er ist (seit kurzem) mit einem Maschinengewehr ausgerüstet, das ich nach meinen Vorstellungen eingebaut habe, und ich nehme die Passagiere mit, die mir gefallen, im Allgemeinen meinen Mechaniker.“

Transkription des Briefes:

[Umschlag]

Feldpostsendung des J. Chaput
Pilot bei der Fliegerstaffel C 28
Postsektor 133

 

Fräulein J. Chaput
21 avenue d’Eylau
[Poststempel „Trésor et Postes“ / *28-4-15 / *133*]
[Stempel * Fliegertruppe* Fliegerstaffel 28 / Staffelführer]
Paris

 

[Seite 1]

  1. April 1915

Meine liebe Jeanne,

wie mir scheint, beklagst Du Dich bei

Tante Gabrielle, dass ich Dir nicht
häufiger schreibe. Ich schreibe Dir, wann immer
ich kann. Lass Dir aber auch sagen, dass das geringe Interesse,
welches Du erkennen lässt, mir zu antworten, mir
keinerlei Ansporn ist, Dir zu schreiben. Überdies
könntest Du Dich direkt bei mir beschweren,
ohne gleich alle in die Sache hineinzuziehen.

Abgesehen davon ging es Papa offenbar
sehr schlecht; und bist Du überstürzt

[Seite 2]

nach Paris zurückgekehrt und
nach Tonnerre gefahren. Ich habe recht dumm
dreingeschaut, als ich das alles erfahren habe,
denn ich wusste ja nichts von alledem.
Erfreulicherweise scheint es Papa
besser zu gehen. Ich sollte mich also nicht
über die Maßen sorgen müssen.
Wir sind immer noch am selben
Ort, inmitten eines zauberhaften
Fleckchens Natur; der Weg zum
Flugplatz mitten im Wald wird wunderschön;
überall blühen Blumen, Primeln,
Veilchen und Anemonen; die Maiglöckchen
stehen kurz vor der Blüte; es ist entzückend.
Ich habe eine ganze Reihe von Fotos, die ich
Dir schicken werde, wenn Du artig bist; ich habe einige vom

[Seite 3]

zerstörten Albert gemacht, und ich habe Bilder von
Schützengräben usw., alles aus der Luft aufgenommen, ganz
nah über dem Boden. Wo ich schon von Fotos spreche, gehe bitte,
wenn Du in Paris bist, zum Kodak-Geschäft in der
Avenue Victor Hugo und frage nach den
Vergrößerungen, die ich in Auftrag gegeben habe,
und nach meinen Negativen. Es sind alte Bilder
aus Avord, aber sie sind sehr schön, und
es wäre schade, sie ihnen zu überlassen.
Sie sind jedenfalls nicht
bezahlt, sie sollten sie nach Hause schicken.
Hier geht alles seinen gewohnten Gang. Seit
einiger Zeit regnet und windet es.
Wir haben daher weniger zu tun
als bisher, aber sobald sich das Wetter auch nur etwas aufhellt,

[Seite 4]

geht das Aufklären
oder Einschießen der Artillerie weiter. Die Boches
sind immer weniger gut auf uns zu sprechen
und begrüßen uns bei jedem auch noch so kleinen Einsatz
mit 2 oder 300, manchmal auch mehr, Kanonenschüssen,
ohne dabei jedoch erfolgreicher zu sein
als bisher. Meine Maschine gleicht
immer mehr einem Schaumlöffel und hat
schon jetzt an die zwanzig Löcher von
Geschossen oder Granatsplittern. Der letzte
Splitter hat in die Aluminiumkiste
direkt hinter mir getroffen; er hat sie aufgeschlitzt und ist
in der Wechselkleidung, die ich dort
aufbewahrt hatte, steckengeblieben. Er hat sich in meiner

[Seite 5]

Feldmütze wiedergefunden. Ich bewahre ihn sorgsam auf.

Ich habe den Bahnhof von Bapaume erneut
bombardiert; meine Geschosse haben die
Gleise getroffen. Vor Kurzem habe ich
Jagd auf eine Taube gemacht. Ich
habe sie bis nach Amiens verfolgt, und

wir haben uns heftig beschossen, bis mir
dann irgendwann die Munition ausgegangen
ist. Wir haben uns über Amiens,

in 3 300 Metern Höhe, gejagt, und

ich war alleine an Bord. Weil sie schneller
war als ich, ist es ihr gelungen zu
entkommen; sie hat mir mit ihren Geschossen zwei Löcher
in die Decks geschlagen, und ich habe mich geärgert,

[Seite 6]

dass ich nicht einmal mehr einen Schuss übrig hatte,

um zurückzuschießen. Um mir die Zeit während
dieser Verfolgungsjagd zu vertreiben, habe ich sie
zweimal fotografiert, aber die Aufnahmen sind nichts geworden,
weil es in dieser Höhe zu hell war. Diese Luftjagd hat dafür gesorgt,
dass der Staffelführer ein schnelles
Jagdflugzeug, eine Morane, wie die
von Garros, angefordert hat, die nur ich
in der Staffel fliegen soll. Ich hoffe,
dass er sie auch bekommt, denn so eine
will ich schon seit langer Zeit fliegen.
Die Staffel hat Verstärkung
bekommen: zwei Voisin-Maschinen,
ungeheure Flugzeuge mit einer Leistung von 140 HP.
Die Piloten sind auch hier, einer

[Seite 7]

von ihnen ist ein Kamerad aus Avord. Die
Voisins sind hier, um den Einsatz von Geschossen mit Flüssigsauerstoff
zu erproben. Oberleutnant (lieutenant) Claude, der
Erfinder dieser Bomben, leitet die Versuche persönlich.

Damit haben wir jetzt neun Maschinen und
acht Piloten, und mit der Morane,
sollte sie kommen, wären es dann 10 Maschinen.
Wie Du siehst, geht es mit der Staffel aufwärts,
und wir werden alles
Mögliche und Denkbare machen können:
Aufklären, Einschießen mittels Funktelegrafie,
Bombardieren, herkömmlich und mit flüssigem
Sauerstoff, Jagdfliegen usw. Das ist überaus
interessant, und ich denke, dass unsere Staffel

in Kürze von sich reden machen können wird.
Ich grüße und küsse Papa und Dich herzlichst

Jean

 

[Seite 8]

Ich werde ein Paket mit der warmen Kleidung, die
ich nicht mehr brauche, fertig machen und nach
Paris schicken: gefütterter Anzug,
Unterhosen usw.

According to a letter written by Jean to his father several days earlier, lieutenant Gambier will – during the month of April – be finally appointed as his partner, in the role of an observer.
Following a fight against enemy craft, the commander of the C 28 squadron asked for Jean to be given a “plane similar to that of Garros”, i.e. an L-type Morane-Saulnier. This monoplane, initially used for reconnaissance and artillery spotting missions, was adopted by several squadrons by early 1915 as a fighter plane because of its light weight – giving it more speed and manoeuvrability – and its raised wing, giving the crews more visibility.
Jean was thus given an L-type Morane-Saulnier at the beginning of May, but it was replaced several days later by a two-seater plane. Although a training stay with the pilots from squadron C 23 had been planned, so he could practice flying the aircraft – which he considered “very tricky to fly”, Jean decided to take off alone as soon as his plane was assembled, earning him praise from his squadron leader. At the beginning of June, his craft was finally fitted with a machine gun that could shoot through the propeller’s blades.
From then on, Jean had two roles within his squadron, as specified in his notebook on 8 July: “I have an army cooperation aircraft, on which I do the work required of me by my squadron, and I also have my thoroughbred plane with which I am never given the order to fly – thus, I do whatever I want with it, whenever I want and however I want. It was fitted with a machine gun (only recently), which I adapted to my liking, and I take on board the passengers of my choosing – mostly my mechanic.”

Transcription:

[Envelope]
Sent by J. Chaput
Squadron C. 28 pilot
Postal sector 133

Miss J. Chaput
21 avenue d’Eylau
[Postal mark, Trésor et Postes/*28-4-15/*133*]
[Military mark, * Aviation militaire * Escadrille 28/ Le Capitaine Commandant]
Paris

[page 1]
27 April 1915

My dear Jeanne,

I’ve heard that you complain to
Aunt Gabrielle that I don’t write
often enough. I write whenever
I can. I would like to add that you don’t hurry
to write back to me either,
which doesn’t motivate me at all. Perhaps you could
tell me what’s wrong
directly without putting [illegible]
in the loop.
Regardless, I heard that Father
had been taken ill; that you returned

[page 2]
to Paris in a hurry, and that you had left
for Tonnerre. I felt
stupid when I found out about all that,
as I knew nothing if it. In the end
I’m pleased to hear that Father
is feeling better. I have no more need
to worry.
We are still in the same
place, in a lovely green
area; the path that leads to the clearing
in the woods is more and more beautiful; there
are flowers everywhere, wild daffodils,
violets and anemone; the lily of the valley will soon
be blooming; it’s a delight.
I have a whole series of photos that
I will send you if you’re good, I took some

[page 3]
of Albert in ruins, of the trenches, etc.
all taken from the sky,
quite close to the ground. Talking about photos, if you ever get to Paris,
go to the Kodak photography shop
avenue Victor Hugo to collect the enlargements
I ordered,
as well as my other pictures. They are old ones of
Avord, they are lovely and
there’s no sense letting the shop
keep them. They actually haven’t been paid
for yet, they were supposed to be sent home.
Life goes on here. For
the last few days it has been raining and windy.
We are less overworked than before,
so make the most of each and every ray of sunshine

[page 4]
to go on reconnaissance missions
or artillery spotting. The Germans
are getting more and more annoyed with us,
and as soon as we go out,
we are met by 200 or 300 canon blasts,
sometimes more, but they are not getting
the results they want. My craft is starting
to look like a sieve, and
already has about twenty
bullet or shrapnel holes. The last piece of shrapnel
hit the aluminium
crate just behind me;
it crossed it and landed in
a pile of spare clothes I’d placed
in there. I found it in my

[page 5]
police hat. I keep it preciously.
Once again, I went to bomb
Bapaume station; my shells were dropped onto
the tracks. Recently, I chased
a German. I
chased him right up until Amiens and
we exchanged a
considerable number of gunshots
until I had no more
ammunition. The chase took place
3,300 m above Amiens,
and I was the only pilot on board. He managed to get away
as he was quicker than me;
he made two bullet holes
in my wings and I was so angry

[page 6]
that I only had one cartridge left
to fire back. To keep myself busy
during the chase, I took a photo of him
twice, but they didn’t come out well,
as there was too much light
at that height. Following this chase,
the captain requested a fast
fighter plane, a Morane –
similar to the one Garros has – for my
exclusive use within the squadron. I hope
I’ll get it soon, as I’ve wanted
one for a long time now.
The squadron has recently received
backup; two huge Voisin aircraft
each of 140 HP.
They came with their pilots,

[page 7]
one of them being an old Avord comrade. The
Voisin planes are here for
bombing experiments with
liquid oxygen shells. Lieutenant
Claude, who invented
these bombs, will be conducting the trial himself.
That makes of us nine crafts and
eight pilots now, and if the
Morane comes that will be 10.
As you can see, the squadron is improving
and we will soon be able to do
anything and everything:
reconnaissance, artillery spotting with TSF,
standard and liquid oxygen bombing,
chasing, etc. It’s all extremely
interesting, and I think our escadrille
will be well-known in very little time.
All my love to you and Father.
Jean.

[page 8]
I will be sending
all my warm clothes to Paris
as I have too many: fur-lined overalls,
trousers, etc.


Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

More Information|Mehr Informationen|plus d'informations
Jean Chaput